• par (Libraire)
    31 octobre 2012

    Conseillé par la Librairie Sorcière Le Neuf à Saint-Dié-des-Vosges

    Sur une île africaine, où la vie est rythmée par la pêche et les touristes, Naïm est un jeune enfant des rues vif et impertinent... On suit ses péripéties où s'entrecroisent vacanciers allemands, islam, djinns, vieilles croyances et questionnements d'enfant...

    Un voyage merveilleux au goût tenace de paradis perdu, servi par un dessin somptueux et un ton très particulier, à mi-chemin entre le reportage et le rêve.

    Magnifique !

    Librairie Sorcière Le Neuf à Saint-Dié-des-Vosges


  • 13 juillet 2012

    Chronique

    Kililana Song est un chant qui vient de l’intérieur, du coeur de l’Afrique et des entrailles de son auteur.

    Benjamin Flao est rempli de soleils entiers, de couleurs chaudes, des vagues tièdes de la Mer Rouge et de sourires de gosses, larges comme le monde entier. Les sambouks et autres boutres bercent sa mémoire. Comme ils ont bercé avant lui Arthur Rimbaud, Henri de Monfreid, Joseph Kessel et Hugo Pratt.

    Kililana Song prend son temps, à l’africaine, et nous conte l’histoire de Naïm, tout jeune garçon des rues kenyanes. Petit bonhomme coureur de fond, plus vif et endurant que les gazelles des hauts plateaux. Plus rapide que les Musaï et Motop, dont les médailles brillent encore aux firmaments olympiques.

    Naïm file à l’aquarelle entre les maisons blanches et le port qui trempe, pour éviter la madrasa et les coups de canne d’un radoteur de Coran. Il est un môme qui fuit son grand frère endoctriné et n’aspire qu’à une seule chose : la liberté. Il livre le kât pour des grands-pères rêveurs et désespérés, pendant que les expats naviguent de pute en pute, sirotent du champagne français dans des bouges et s’explosent les narines à la coke.

    Un capitaine au long cours, trafiquant à l’âme pure et au juron facile, se retrouve bloqué à quai, acculé au comptoir. Le moment viendra sûrement, mais il est encore trop tôt pour qu’il croise la course du sacripant, pour que tous deux relient leurs histoires.

    Avant cela, Naïm doit faire la connaissance d’un vieil homme à la tignasse broussailleuse, aux chicots en bataille… Son regard puise sa force dans le souvenir de Liongo Fumo. Dans ses veines coule la sève du Grand Arbre.

    Kililana Song est un songe, un appel au voyage.

    Le trait y est lâché, comme des cheveux de femmes, et la palette fait dans le merveilleux étalage. On dirait de grandes toiles, exposées sur la plage .

    Bert’

    Lire la chronique illustrée : http://www.brestenbulle.fr/?p=4323