Le Vase où meurt cette verveine

Le Vase où meurt cette verveine

Frédérique Martin

Belfond

  • par (Libraire)
    5 décembre 2012

    Zika et Joseph sont âgés, mais rien n'a jamais entaché leur vie de couple. C'est sur leur première séparation que débute ce roman épistolaire surprenant et délicieux. C'est tout un univers familial en apparence serein qui bascule dans la folie.


  • 19 octobre 2012

    Joseph et Zika forment un couple marié depuis près de soixante ans. Suite aux problèmes de santé de Zika, leurs enfants décident pour eux. Comme Zika doit passer des examens médicaux, elle est hébergée à Paris dans le petit appartement d’Isabelle tandis que Joseph est logé chez leur fils Gauthier avec sa femme et ses deux enfants à Montfort. Pour la première fois, le couple se retrouve séparé, tous deux éloignés l’un de l’autre et de leur maison.

    Joseph et Zika pensent que leur séparation sera temporaire, le temps que Zika passe des examens et obtienne un traitement approprié. Pour conjurer l’éloignement, ils s’écrivent. A travers ces lettres, leur amour toujours intact et encore plus fort qu’au premier jour, leur complicité, la tendresse se font écho. Avec l’attente de se retrouver ainsi que leurs habitudes. Isabelle reproche à sa mère d’avoir préféré son frère et d’avoir manqué d’amour maternel. Chez Gauthier, les petits-enfants apprécient la présence de Joseph mais il ressent bien la tension qui règne dans la maison de son fils. Les questionnements sur leurs enfants se glissent dans les lettres comme l’inquiétude car le provisoire perdure. Isabelle refuse d’accueillir son père prétextant le manque de place. Et Joseph apprend des vérités concernant son fils. Zika et Joseph s’interrogent : connaissent-ils vraiment leurs enfants ?
    Des échanges où leur amour est flagrant mais où le spectre de la dépendance et le temps des questionnements apparaissent. Je n’ai pas vu surgir une des tournures que prennent les évènements et ma surprise a été totale renforçant mon émotion !

    Pas de pathos ou de guimauve. Frédérique Martin sait apporter quelques touches de gaieté dans ce livre où le lecteur s'interroge. Constats sur une une vie passée ou sur le place que l'on occupe à un certain âge. Le couple, la vieillesse et tout ce qui l’entoure, les bilans de vie, les relations entre parents et enfants sont autant de thème traités dans ce roman. Un livre très bien mené et qui apporte de nombreuses réflexions !


  • 19 octobre 2012

    Depuis le jour béni de leur mariage, il y a 56 ans de cela, Zika et Joseph ne se sont jamais quittés jusqu'au jour où Joseph découvre Zika évanouie dans la cuisine devant le four où une tarte aux pommes commence à brûler. Paniqué devant ce corps qu'il a cru mort, le vieil homme a un instant de faiblesse et appelle les enfants à la rescousse. Zika doit voir un cardiologue, faire des examens, suivre un traitement. Elle ira donc s'installer chez Isabelle à Paris. Mais l'appartement est trop petit pour héberger le couple et Joseph part à Montfort chez Gauthier. Les vieux amants, les éternels amoureux, vivent douloureusement cette première séparation. Pour apaiser leur souffrance, ils s'écrivent de longues lettres passionnées, évoquant leur amour toujours intact, leurs souvenirs et leur nouvelle vie auprès d'un enfant qui a grandi et qu'ils connaissent si peu.

    Le temps passant, la séparation devient intolérable mais Gauthier et Isabelle, enfermés dans leurs propres problèmes, ne sont pas prêts à changer les choses. Jusqu'au drame final...

    L'amour qui transcende tout, le désir qui perdure et fait fi du temps qui passe, la jalousie toujours intacte...Zika et Joseph forment un couple dont on envie la force des sentiments et la longévité. Pourtant, leurs enfants ont été blessé par cet amour exclusif qui leur laissait peu de place. En s'occupant de sa mère, Isabelle trouve une occasion de se l'accaparer, de l'éloigner de ce père trop présent et de régler des comptes. A un âge où le vieux couple pense en avoir fini avec leurs devoirs de parents, Zika et Joseph se retrouvent confrontés à des adultes qu'ils connaissent finalement très peu. Parce qu'ils se sont trop aimés l'un l'autre pour s'intéresser à tous ceux qui leur étaient extérieurs? Peut-être... Peu importe pour les amoureux de toujours qui font leur force de ce sentiment fort et toujours présent. La séparation qui se prolonge au delà du supportable les amène à réfléchir à leur âge, leur impuissance, leur humiliation de voir les rôles s'inverser. Vieillir, c'est prendre la place des enfants et se laisser guider par eux. Difficile quand on a du caractère et qu'on n'a jamais eu besoin de personne. L'obsession d'Isabelle tourne au drame, Gauthier se détourne de sa famille et c'est toute l'histoire qui prend un tour très sombre.
    Au fil de lettres au charme désuet, une belle réflexion sur l'amour, la maternité, la vieillesse...Une belle lecture, forte, dramatique, un peu effrayante aussi.

    Un immense merci à Dialogues croisés et à Caroline pour cette lecture qui bouleverse et secoue.


  • 29 septembre 2012

    A lire!

    Joseph et Zika sont mariés depuis plus de 50 ans, et pour la première fois, ils vont être séparés...

    Zika a des problèmes de santé et leurs enfants ont décidé pour eux : ils ne peuvent plus vivre seuls.

    Joseph ira habiter chez Gauthier qui vit avec sa femme et ses enfants à Montfort, et Zika chez Isabelle dans son appartement à Paris.

    C'est un réel déchirement pour ces deux-là, qui s'aiment comme au premier jour, d'un amour puissant et exclusif.

    Ils s'écrivent énormément et à travers cette relation épistolaire, ils se remémorent certains passages de leur vie avec beaucoup de tendresse. Leurs lettres sont pleines de tristesse et d'amour et ils ne cessent de se promettre de retrouver rapidement.

    Mais cette séparation va vite être synonyme de "coup de pied dans la fourmilière".

    En vivant séparés, ils vont en apprendre beaucoup sur leurs enfants et sur eux-même, et ils s'en seraient certainement passé...

    Joseph est perturbé par Gauthier et ses révélations fracassantes sur sa vie de couple, quant à Zika, elle est martyrisé par Isabelle, qui souffre et reproche à sa mère de ne pas l'avoir "bien " aimée...

    A travers ces échanges de lettres pleines de tendresse et de reproches, Frédérique Martin pose une réflexion sur la vie, la vieillesse, l'égoïsme, l'éducation, les différences de génération et surtout l'amour qu'il soit conjugal ou filial...

    C'est un roman court mais fort et bouleversant servi par une très belle plume.


  • 12 septembre 2012

    Le vase où meurt cette verveine

    Joseph et Zika sont mariés depuis cinquante six ans et n'ont jamais été séparés. Mais voilà que la santé de Zika nécessitent des soins sérieux et la décision est prise sous la pression des deux enfants du couple, Gauthier et Isabelle. Joseph et Zika vont quitter leur maison, Zika ira chez Isabelle à Paris et Joseph chez Gauthier à Montfort. Bien sûr, tout cela n'est que provisoire, dès que possible Zika reviendra s'installer chez Gauthier avec son cher époux.



    Le roman est constitué de l'échange de lettres entre les deux vieux amoureux, le coeur déchiré par la séparation, s'aimant comme au premier jour. Je me croyais partie pour une histoire gentillette et lisse, agréable et sans trop de soubresauts. Que nenni, l'auteur sait nous réserver des surprises et des aspérités inattendues, avec une douceur et une émotion qui vous cueillent sans crier gare ! Reçu à midi dans ma boîte aux lettres, le roman était terminé le soir, c'est vous dire si j'ai pris très à coeur le sort de Joseph et Zika.

    Si le ton peut être humoristique par moment et plein de tendresse, les questions de fond sont essentielles et suggérées à travers l'histoire. Qu'est-ce que la vieillesse ? Qu'est-ce que l'autonomie ? Pourquoi traite-t'on maintenant les vieux en les infantilisant, comme si les faiblesses du corps rendaient inaptes à prendre les bonnes décisions pour soi ? Quelles relations avons-nous eues avec nos enfants ? A quel moment nos capacités d'amour rencontrent-elles des limites infranchissables ?

    Pour Joseph et Zika, la machine se grippe assez vite. Ils découvrent chacun leurs enfants sous un jour qu'ils ne connaissaient pas. Ont-il vraiment été ces deux vieux égoïstes trop centrés sur eux, comme le leur reproche Isabelle ? Joseph de son côté, va découvrir une facette de son fils complètement inattendue, qui va entraîner de grands bouleversements. Jusqu'à la fin, même lorsque l'on croit la situation stabilisée, une dernière révélation viendra à son heure, et celle-là, je ne l'ai pas vue venir. Les deux dernières lettres de Joseph m'ont bouleversée.

    Mais nous ne sommes pas toujours dans le drame, il y a de longs passages sur les souvenirs du couple dans la maison, le rythme des saisons, la cueillette des fruits, le potager, la recherche des champignons dans la forêt, la nature, leur rencontre, leur mariage, leur vie quand les enfants étaient petits, toute une existence de labeur, de joies et de peines.


  • par (Libraire)
    31 août 2012

    Ils ne sont jamais quittés. Pour la première fois de leur vie, sous le prétexte de raisons de santé et d'examens médicaux à réaliser, ils se séparent. Pour un temps très court à priori. Une longue et intense correspondance s'instaure. A presque 80 ans, la flamme du cœur n'a pas faibli. Mais l'exclusivité de leur amour vécu comme un trésor précieux n'a-t-elle pas cachée d'autres tendresses ? La séparation les entraine loin, trop loin pour revenir en arrière. Magnifique roman d'amour tragique autour de la vieillesse et des déceptions.