La légende de Gösta Berling

Selma Lagerlöf

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  • 1 juillet 2016

    Trop tendre, trop jeune, trop seul, Gösta Berling trompe son ennui dans l'eau de vie. Ses soirées arrosées et sa vie de débauche sont incompatibles avec sa chaire de prêtre. Les villageois mécontents ont fait appel à l'évêque qui a révoqué ce prêtre fêtard et dépravé. Converti en mendiant, Gösta doit la vie à la Commandante, la maîtresse des sept forges qui l'a recueilli et en a fait un Chevalier d'Ekebu. Là, parmi ses pairs, le prêtre défroqué, ripaille, festoie, boit tout son soûl et séduit toutes les jeunes filles des alentours grâce à son physique avenant et ses belles paroles. Quand la Commandante est accusée de sorcellerie, Gösta se joint à La vindicte populaire et, ingrat, chasse la sorcière, devenant maître des lieux. La vie n'est plus qu'une fête perpétuelle, les forges se font silencieuses, le domaine tombe en ruines et Gösta continue de séduire, de tomber follement amoureux, de causer la perte de toutes celles qu'il approche.

    Le Värmland, région de forêts, de torrents, de lacs, région aussi des forges, des mines, région dure, où l'hiver gèle les eaux, où l'été apporte la sécheresse. Cette terre qui l'a vue naître, Selma Lagerlöf la connaît bien et lui rend hommage à travers ces chroniques qui racontent une contrée sauvage, des hommes brutaux, une vie campagnarde au début du XIXè siècle. Ces petites histoires ont pour fil conducteur Gösta Berling, l'homme à la fois le plus fort et le plus faible de la région, capable du meilleur comme du pire, insaisissable, inconséquent, farceur et cœur d'artichaut. Mais il n'est qu'un prétexte pour évoquer le Värmland, terre de traditions, de croyances, de légendes, de superstitions où il faut se méfier du Ciel comme du Diable qui peut apparaître au détour d'un bois, la queue fourchue, les sabots trépignants. Avec beaucoup d'humour et de légèreté, Selma Lagerlöf entraîne son lecteur dans une folle sarabande de festins, de frissons, de grands sentiments, de sacrifices, d'honneurs perdus, de pactes avec le diable. C'est frais, vif, enlevé, passionnant et effrayant comme les contes d'autrefois, et émaillé de belles descriptions de la nature suédoise. A lire à la veillée, au coin du feu.