• par (Libraire)
    18 avril 2016

    Les Prépondérants

    Tunisie ou Maroc, années 20.
    D'un côté, il y a les colons, ceux qui se surnomment les « prépondérants ». Des gens venus s'enrichir, des amoureux de Maroc aussi, des refoulés de la mère patrie...
    De l'autre, les locaux. Des pauvres pour une très large partie. Mais il y a aussi les élites qui collaborent en espérant des jours meilleurs pour eux ou pour le pays ou les deux à la fois. Mais il y a aussi les jeunes gens éduqués par les écoles françaises, imprégnés de culture française et de valeurs républicaines et qui ne comprennent pas la différence entre les prépondérants et les locaux, qui lorgnent vers les théories communistes qui leur font miroiter l'égalité, au moins.
    Dans cet équilibre instable mais qui tient depuis la Grande Guerre, arrive une équipe de cinéma hollywoodienne : des stars, des petites mains, des blancs, des noirs...
    Leur arrivée va rompre le statu quo mais l'intelligence d'Hedi Kaddour tient à son absence de jugement, à la mise en perspective des situations : la situation au Maroc, la situation de l'Allemagne sous domination notamment de la France, les Juifs en Europe, la chasse aux mœurs dépravées à Hollywood, les mœurs parisiennes... A nous lecteurs de nous dresser un tableau de la situation et de tirer nos conclusions. Un très beau roman, à l'écriture très classique, qui donne de l'épaisseur à l'Histoire.


  • 7 décembre 2015

    Algérie, Berlin

    Algérie, 1920 : ses colons français, ses algériens d’origine avec leurs us et coutumes encore très ancrées. Et puis au milieu, le jeune Raouf à l’esprit communiste, voulant changer les esprits et les façons de penser la gouvernance du pays.

    Mais entrer dans ce roman, c’est aussi plonger dans une langue et un rythme : celui du récit à la limite de l’oralité du conte.

    Les chapitres alternent les histoires, celle de Raouf ou celle de sa cousine Rania ; celle du procès à Hollywood ou celle du pauvre commerçant qui a voulu se jouer du fils de Si Ahmed.

    Un roman qui nous plonge dans une Algérie entre deux guerres, et dont certains de ses enfants commencent à s’éveiller politiquement. Mais les Prépondérants sont encore trop puissants dans le pays.

    J’aurais aimé toutefois suivre plus longtemps le personnage de Rania, veuve qui n’en fait qu’à sa tête en se retirant dans une des propriété de son père pour vivre sa vie comme elle l’entend ; mais qui respecte toutefois les coutumes et le quand-dira-t-on.

    L’image que je retiendrai :

    Celle du combat de deux chameaux pour la saillie d’une chamelle, et qui donne lieu à des paris.

    http://alexmotamots.wordpress.com/2015/12/05/les-preponderants-hedi-kaddour


  • par (Libraire)
    6 décembre 2015

    On plonge sans réticence

    L'Académie a fait deux ex-aequo en pensant sans doute que l'Orient était de mise cette année. Le roman de Hedi Kaddour est un prix comme on l'aime: on se plonge avec délice dans une histoire Belle Epoque en Orient (un Orient qui se situe sans doute au Maroc et qui ressemble beaucoup à l'Egypte de Alaa El Aswany que nous avons tant aimé dans "l'Immeuble Yacoubian" ou dans "Automobile Club d'Egypte". A lire, a déguster, à offrir!


  • par (Libraire)
    5 novembre 2015

    Dans les années 1920, une petite ville sous protectorat français voit son quotidien chamboulé quand une équipe de cinéma de Hollywood s'y installe pour quelques mois.
    On suit le parcours de plusieurs personnages mais aussi leurs interrogations et leurs ambitions.
    Un beau roman dans lequel on plonge tout de suite et qu''on ne veut plus quitter.
    Valérie


  • par (Libraire)
    8 octobre 2015

    Vaste fresque initiatique, "Les Prépondérants" s'inscrit dans la lignée des grands romans d'apprentissage avec sa cohorte de personnages allant par les chemins des années folles depuis Nahbès, ville d'un protectorat du Maghreb, jusqu'à Paris, Berlin, Marseille. Gabrielle, journaliste à la langue déliée pour laquelle Ganthier, colon ou plutôt Prépondérant, a un faible, voyagent en compagnie de Raouf et Katryne. Le premier est un jeune homme lettré, critique au sens politique aigu, prêt à battre en brèche le moindre cliché ; la seconde est une actrice hollywoodienne, jalouse, amoureuse, au bras de laquelle il s'émancipera de la chair. Hédi Kaddour coud de sa plume solide les différences, les contradictions, les amours et les rêves. Il n'oublie pas le retour au pays, le peuple resté là, les chefs, les enfants, les commerçants et par ce principe nous donne à lire un roman fécond, global, d'une grande habileté narrative.


  • par (Libraire)
    28 septembre 2015

    Nahbès, Hollywood, Paris, Berlin, un roman à quatre lieux donc, une multitude de personnages et un monde en filigrane, celui de la domination française en Tunisie dans les années d'après la première guerre mondiale. Kaddour ne fait pas un roman politique ou engagé sur la colonisation, il fait un roman tout court : des hommes et des femmes entrent sous notre regard dans la ronde du monde, un monde tel qui fut à une époque particulièrement riche en promesses et en menaces. L'intrigue qui se joue entre les différents protagonistes met tout en perspective sans grande démonstration didactique. Kaddour orchestre magistralement le choc de la modernité, les sentiments, les ambitions, les désirs et les silences. Chaque personnage est campé mais jamais enfermé ! D'où notre plaisir et notre curiosité à suivre les trajectoires de chacun, exemplaires et uniques.


  • par (Libraire)
    3 septembre 2015

    Ce roman se déroule dans une petite ville du Maghreb,dans les années vingt.Le personnage principal est un jeune arabe lettré de bonne famille.Il va faire son éducation sentimentale et politique et il sert de contrepoids à la pensée dominante de cette société et qui donne le titre du livre.Une équipe de cinéastes américains va venir troubler la colonie française et réveiller les tensions entre les jeunes nationalistes,les notables traditionnels et "les prépondérants".
    Cet univers de contraste,ce choc de civilisation,entraîne des heurts,des alliances,des jalousies,des amours rêvés ou illicites.Heddi Kaddour sait nous décrire avec justesse les failles et les contradictions des personnages.Il
    faut aussi souligner la présence de trois femmes courageuses,toutes trois en lutte pour affirmer leur liberté dans une société qui les juge tout au long de leur vie.


  • par (Libraire)
    29 août 2015

    Dans les foisonnantes années 20 une équipe de cinéastes américains va se rendre à Nahbes dans un protectorat français d'Afrique du Nord. Dans cette ville se côtoient avec plus ou moins de bonheur « les prépondérants » colons français, les notables originaires du pays et les grands propriétaires terriens qui se jalousent entre eux.
    L'arrivée de ces américains, avec leur mode de vie et leur culture si différente va encore accroître les dissensions entre les composantes de cette société. Nous allons donc suivre tout au long de ce récit les nombreux protagonistes issus de tous ces milieux qui vont se croiser, se lier d'amitié, vivre des passions amoureuses plus ou moins partagées, se détruire, se trahir, se venger ou se réconcilier chacun selon son origine et son propre bagage culturel.

    Hédi Kaddour dans ce livre qu'on ne lâche pas, superbement écrit et construit, bouillonnant d'intelligence et truffé de références culturelles donne un panorama réaliste et précis des années 20 aussi bien dans le protectorat français qu'en France, en Allemagne ou en Californie. Un très bon roman. A lire absolument.


  • par (Libraire)
    24 août 2015

    Vif, intense et magistral !

    1922, c’est un peu le calme avant la tempête. Hédi Kaddour chronique un Maghreb à la croisée des chemins. La soif de savoir de Raouf, le désir d’émancipation de Rania… tout dans ce livre annonce le désenchantement et les tragédies à venir. "Les prépondérants" est un grand roman sur le début d’un délitement si ce n’est la fin d’un monde. Vif, intense et magistral !