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Conseils de lecture

Journal d'un vertige

Futuropolis

25,00
par (Libraire)
27 novembre 2021

Droit dans le Bure !

Du Lot à la Meuse, on ne lâche pas d'une semelle Etienne Davodeau dans ce récit graphique d'une grande intensité narrative, un cheminement sensible au rythme de la marche où chaque case est un pas et chaque pas un trait qui ouvre un sentier, dessine un paysage, élargit l'horizon et engage la conversation. De Pech Merle à Bure, entre un mammouth pariétal et des déchets nucléaires, 800 kilomètres de marche pour relier deux héritages enfouis dans le sous-sol et faire une bonne balade !

C'est l'histoire de deux héritages enfouis dans le sous-sol et de ce qui les relie. Celui que nous ont légué nos ancêtres il y a près de trente mille ans depuis la grotte de Pech Merle dans le Lot : de fascinantes peintures rupestres, avec son mammouth « parfaitement posé sur le monde et déjà en mouvement ». Et celui que nous envisageons de léguer à nos descendants pour cent mille ans : des déchets nucléaires radioactifs que l'on projette d'enfouir à Bure, dans la Meuse. Deux lieux, deux gestes, la beauté et l'effroi qu'Etienne Davodeau décide de relier. 800 kilomètres de marche en un mois pour ressentir le sol, faire corps avec lui, l'éprouver.
Avec un sens admirable du rythme et du cadrage qui place de façon percutante et sensible l'homme dans les paysages, Etienne Davodeau nous invite intensément à le suivre d'une case à l'autre, de près et de loin, de dos et de face, se fondant dans la végétation, disparaissant dans le brouillard, s'exposant à l'intense luminosité du soleil, le pied martelant les sols : herbe, pierre, terre, tourbe, humus forestier, boue, bitume épuisant et impraticable voie ferrée !
Principalement structuré en planche de six cases, le récit graphique étend des panoramiques de pleine largeur et des pages illuminées de voûtes étoilées, respirations poétiques inoubliables. Il offre de magnifiques espaces de silence, le regard porté sur les crêtes, les vallées et les plaines, comme « immergé à la surface du monde ».
Bonne compagne, la marche ouvre l'esprit et le dispose à toutes les rencontres, fortuites et cocasses qui se présentent en chemin. Face à ce marcheur suant, la méfiance cède souvent le pas à l'accueil, la curiosité suivant l'étonnement.
Marcher est une conversation qui fait cheminer la pensée. Et comme on ne pense pas seul, des compagnons de route surgissent au détour des sentiers pour éclairer ces héritages : spécialistes de l'art rupestre, du nucléaire et de la conservation du papier, agroécologue et sémiologue, élu et militant s'opposant au projet d'enfouissement, ils ouvrent en toute intelligence le chemin de la compréhension et des questionnements.
À la dynamique de cette narration qui rejoint celle de la marche s'ajoutent de facétieuses et réjouissantes trouvailles graphiques déposées comme des pépites sur le sol, ce trésor inestimable qu'Etienne Davodeau invite à regarder autrement, donnant envie de le fouler sans plus tarder.


21,00
par (Libraire)
6 septembre 2021

« Une trace sur notre rétine émerveillée »

C'est l'un de mes grands coups de cœur de cette rentrée littéraire ! En prenant pour cadre l'audacieuse création du film « Orfeu negro » au destin hors-norme, réalisé à la fin des années cinquante au Brésil par un réalisateur français, Estelle-Sarah Bulle déploie un magnifique roman d'une grande intensité, avec des personnages palpitants et vibrants, un contexte riche et passionnant, une ambiance créative ardente au pays de la samba et de la bossa nova naissante, le tout porté par une narration captivante et des questions toujours brûlantes.


17,90
par (Libraire)
6 septembre 2021

Drôle d'Oiseau !

C'est une drôle et cocasse déambulation dans Paris et dans le quotidien, une mélancolie presque heureuse de l'existence faite de peu et de l'essentiel, une oisiveté revendiquée, assumée et vécue qui ouvre aux rencontres les plus inattendues et les plus impromptues au coin de la rue ou au pied de chez soi. C'est le portrait réussi d'un cinquantenaire qui n'attend plus rien, si ce n'est de voir le temps qui passe.


19,00
par (Libraire)
23 août 2021

Orgueil et fureur

Il faut se laisser porter par la prose de l'auteur, imposante et précise, précieuse dans sa justesse, dans le détail. Les paysages vous parviennent déjà au travers des premiers mots, loin derrière la ville quittée, la nature est à la portée de votre main, le chemin amorcé sera long et abrupt, vous le percevez déjà. La tension est palpable, imminente. A l'instar des animaux sauvages, les sens sont en alerte. La végétation est intense, potentiellement protectrice pour l'enfant qui découvre un univers tout nouveau aussi étranger qu'oppressant. Tragédie ample et singulière dans laquelle se déploient la colère assourdie devenue fureur du père dévoré par une rage et un orgueil démesurés, son extrême vanité dans une obscure tentative de reconstruction. C'est l'histoire de l'apprentissage de la violence entre un père et son fils. C'est sombrement somptueux, puissant. C'est le roman d'une destruction réfléchie, mesurée et orchestrée.


Roman

Sabine Wespieser Éditeur

par (Libraire)
23 août 2021

Obsessions et embrasements

Magnifique découverte littéraire, un texte puissant et prégnant qui vous aspire littéralement, entraînant le lecteur dans un tourbillon de feux et d'obsessions variées. Portraits de deux pères diamétralement opposés, partageant toutefois autant de désarroi, de peurs et de désespérance quant au quotidien brûlant et à l'avenir complètement incertain de leurs enfants. Auraient-ils engendré des monstres, des terreurs potentielles décidées à tout saccager?
C'est aussi un portrait contemporain de Belfast ironique, parfois acide et piquant, complexe. Une ville prête à s'embraser à la moindre étincelle, à la moindre colère, à la plus petite déception, laissant malgré tout deviner l'amour porté par l'auteure à cette cité longtemps ensanglantée.