Annie Ernaux, écrire la vie

Annie Ernaux, écrire la vie

Depuis la parution des "Armoires vides" (1974), Annie Ernaux construit une œuvre de l'intime et de l'universel mêlés, une écriture de soi "porteuse de la vie des autres", comme elle l'écrit dans "Journal du dehors" (1993). Cette oeuvre qui "n'est pas une biographie, ni un roman naturellement, peut-être quelque chose entre la littérature, la sociologie et l'histoire" écrit-elle dans "Une femme" (1987) marque de sa singularité et de sa force, de sa justesse à atteindre le réel, à "écrire la vie".
La parution de "Mémoire de fille" (2016) apparait comme l'accomplissement de cette oeuvre où l'écriture et la mémoire font corps, donne à lire et à entendre sous un jour nouveau un corpus déjà considérable.
Betty Duval-Hubert et Manuel Hirbec, librairie la buissonnière.

Les armoires vides
6,80

«Ça suffit d'être une vicieuse, une cachottière, une fille poisseuse et lourde vis-à-vis des copines de classe, légères, libres, pures de leur existence... Fallait encore que je me mette à mépriser mes parents. Tous les péchés, tous les vices. Personne ne pense mal de son père ou de sa mère. Il n'y a que moi.»Un roman âpre, pulpeux, celui d'une déchirure sociale, par l'auteur de La place.


Écrire la vie
26,00

«Écrire n'est pas pour moi un substitut de l'amour, mais quelque chose de plus que l'amour ou que la vie.» 15 janvier 1963 «Cette sensation terrible, toujours, d'être à la recherche de l'écriture "inconnue", comme cela m'arrive de désirer une nourriture inconnue. Et je vois le temps passer, nécessité d'écrire contre le temps, la vieillesse.» 3 août 1990 «Écrire la vie. Non pas ma vie, ni sa vie, ni même une vie. La vie, avec ses contenus qui sont les mêmes pour tous mais que l'on éprouve de façon individuelle : le corps, l'éducation, l'appartenance et la condition sexuelles, la trajectoire sociale, l'existence des autres, la maladie, le deuil. Je n'ai pas cherché à m'écrire, à faire œuvre de ma vie : je me suis servie d'elle, des événements, généralement ordinaires, qui l'ont traversée, des situations et des sentiments qu'il m'a été donné de connaître, comme d'une matière à explorer pour saisir et mettre au jour quelque chose de l'ordre d'une vérité sensible.» juillet 2011
Ce volume contient, notamment : Les armoires vides - La honte - L’événement - La femme gelée - La place - Journal du dehors - Une femme - «Je ne suis pas sortie de ma nuit» - Passion simple - Se perdre - L’occupation - Les années
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Ce qu'ils disent ou rien
6,80

«Ça ne vaut plus le coup d'avoir mes règles. Ma tante a dit : t'as perdu ta langue, Anne ? t'étais plus causante avant. C'est plutôt la leur de langue que j'ai perdue. Tout est désordre en moi, ça ne colle pas avec ce qu'ils disent.»Histoire d'une adolescente comme les autres, qui cherche à communiquer, à comprendre. Mais rien, dans le langage de ses parents, de l'étudiant qu'elle a recontré, dans les mots des livres même, ne coïncide avec la réalité de ce qu'elle vit et elle se trouve renvoyée à la solitude.


La honte
4,90

«J'ai toujours eu envie d'écrire des livres dont il me soit ensuite impossible de parler, qui rendent le regard d'autrui insoutenable. Mais quelle honte pourrait m'apporter l'écriture d'un livre qui soit à la hauteur de ce que j'ai éprouvé dans ma douzième année.»Annie Ernaux.


Mémoire de fille
15,00

«J’ai voulu l’oublier cette fille. L’oublier vraiment, c’est-à-dire ne plus avoir envie d’écrire sur elle. Ne plus penser que je dois écrire sur elle, son désir, sa folie, son idiotie et son orgueil, sa faim et son sang tari. Je n’y suis jamais parvenue.» Dans Mémoire de fille, Annie Ernaux replonge dans l’été 1958, celui de sa première nuit avec un homme, à la colonie de S dans l’Orne. Nuit dont l'onde de choc s’est propagée violemment dans son corps et sur son existence durant deux années. S’appuyant sur des images indélébiles de sa mémoire, des photos et des lettres écrites à ses amies, elle interroge cette fille qu’elle a été dans un va-et-vient implacable entre hier et aujourd’hui.
Annie Ernaux est l’auteur de seize livres aux Éditions Gallimard, parmi lesquels La place (prix Renaudot 1984), Passion simple et Les années. Ses livres ont été réunis dans un recueil intitulé Écrire la vie.