Yv

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Je lis, je lis, je lis, depuis longtemps. De tout, mais essentiellement des romans. Pas très original, mais peu de lectures "médiatiques". Mon vrai plaisir est de découvrir des auteurs et/ou des éditeurs peu connus et qui valent le coup.

Béatrice
par
12 mai 2020

Béatrice se rend chaque jour à son travail aux Galeries La Brouette, elle y est vendeuse en maroquinerie. Marche, train, c'est son quotidien. Un jour, elle aperçoit un sac rouge sur son trajet, qui semble abandonné. Elle finit par le ramasser et le rapporter chez elle. Il contient un album photo qui lui ouvre les portes d'un nouveau monde.

Superbe album muet, sorti juste avant le confinement et qui n'a donc sûrement pas eu la visibilité suffisante. Mais, passer à côté serait une erreur. L'histoire débute doucement et peu à peu, on entre dans une autre dimension, mais je ne veux rien dévoiler qui gâcherait le plaisir de la découverte. Les dessins accompagnent cette histoire fort habilement et élégamment. D'abord en noir et blanc, sauf Béatrice qui est en rouge, les couleurs s'animent lorsque le grand magasin ouvre, puis s'éteignent lorsque Béatrice prend le chemin du retour. C'est très beau et certaines planches sont encore plus que cela. J'ai lu cet album dans sa version numérique, et il me tarde de le tenir en papier pour en profiter encore davantage.

Une bande dessinée comme je les aime, poétique, dans laquelle tout passe par le dessin puisqu'elle est muette. En un mot : excellente.

Le danseur mondain

Claude Ascain

OXYMORON Éditions

0,00
par
12 mai 2020

Claude Ascain (1895-1957) que j'ai lu récemment dans "On a tué le docteur", créa outre le détective Yves Michelot, l’inspecteur Gaspin, un as de la police judiciaire française ici mis en scène. Ma récente et quasi frénétique découverte - y'en a encore plein à venir - des auteurs de littérature policière du début du siècle dernier grâce aux éditions Oxymoron, m'amène si ce n'est à varier de genre, à minima à changer de héros. Peu de femmes là-dedans, sauf à être les victimes ou les tentatrices. Ici, Gaspin fait le job, rien de bien étincelant hormis les bijoux de la riche dame homicidée, rien de très nouveau ou d’ébouriffant, mais ce court roman ou nouvelle n'en est pas pour autant rébarbatif. Il se coule parfaitement dans ce que j'ai lu récemment, depuis le début du confinement et de la privation de livres papier et mon entrée dans le livre numérique. Je n'irai pas jusqu'à dire que je trouve la liseuse bien, mais c'est pratique. Bon, j'ai encore du mal à lire de gros ouvrages avec ce moyen, je préfère nettement les formats courts, raison pour laquelle je vous inonde de mes recensions.

Nuss Bernard

Verger éditeur

9,00
par
12 mai 2020

Étrange roman noir qui s'attarde sur les protagonistes qu'il met en scène plus que sur l'enquête. Même si le travail pointilleux est bien montré, il faut une belle part de chance pour que les flics flairent la bonne piste.

Ce qui marque dès les premières pages, c'est le calvaire de Petit-Zob : si avec un tel titre, je croyais entrer dans un roman un peu léger, j'en suis pour mes frais : "À l'arrivée d'Attila, Petit-Zob allait-il définitivement tomber en enfer ? Jusqu'à présent, il était négligé, bousculé, maltraité, il ne sortait jamais, n'avait aucun jouet et aucun contact avec d'autres enfants, ne recevait jamais de cadeau, mangeait les restes des adultes, couchait sur un grabat immonde dans un cagibi infesté de vermines. À 3 ans il avait l'air d'en avoir 2 à peine. Il était battu régulièrement par Émilie et Grand-ma Pan Pan avec le manche d'une énorme cuiller de bois réservée à cet usage. Attila utilisait son ceinturon cloué et, les jours où il était mal luné, une batte de base-ball. Quand il était vraiment très mal luné il concluait la séance par des coups de pieds." (p. 6) Et la suite est pire encore, mais paradoxalement, jamais insoutenable, notamment parce que Bernard Nuss ne s'attarde pas sur les descriptions scabreuses.

Puis il fait un bond dans le temps et s'intéresse à Petit-Zob devenu grand dont on ignore l'identité et aussi aux flics et dans les chapitres consacrés à iceux, le ton est plus léger, l'auteure ironise sur les ambitions politiques de Quémeune de la Hure et sur le personnage en entier, sur les politiques en général. Il s'en donne à cœur joie et on profite, bien content de profiter d'un peu d'humour.

Bernard Nuss fait preuve d'originalité en changeant de ton et de style pour ses deux principaux personnages ou point de vue. Ce qui donne à ce roman un ton à part. Comme il a en plus la bonne idée de ne point faire trop long, ça me va tout à fait, mais attention néanmoins à ne pas mettre forcément entre toutes les mains sans avertissement.

Le double mort

Léon Sazie

OXYMORON Éditions

1,49
par
4 mai 2020

Suite de Martin Numa, roi des Policiers qui s'arrête en queue de poisson. Je l'ai trouvée en version audio. J'ai voulu tester ce nouveau mode de lecture. Daniel Luttringer lit très bien, il met le ton et sa voix est très agréable. C'est très plaisant à suivre. Ce qui me gêne, c'est que je ne peux avancer comme je le veux, ce roman regorge de répétitions, de redites, de longueurs, de propos sur tel ou tel sujet qui ne m'intéressent pas beaucoup et que j'aurais sans doute passés en lecture classique. Ce second tome me plaît donc moins, il s'emballe un peu par moments, mais retombe ensuite dans un rythme plus lent.

J'aurais sans doute été plus positif avec un mode de lecture différent, je ne parviens pas avec l'audio à vraiment me concentrer, à visualiser, malgré les qualités du lecteur. Sans doute aurais-je dû rester à minima sur la liseuse, le confinement me fait tenter des trucs, pas toujours convaincants.

Ceci étant, difficile de ne pas lire ce roman lorsqu'on a lu le précédent, et Martin Numa réussira-t-il à déjouer les plans diaboliques de son ennemi ? Son flair, son intelligence légendaire suffiront-ils à résoudre cette énigme ? Sans être menée tambour battant, l'enquête réserve des surprises et des rebondissements que le policier saura déjouer voire anticiper. Un peu daté, mais pas mal du tout.

Martin Numa, Roi des Policiers

Léon Sazie

OXYMORON Éditions

0,00
par
4 mai 2020

Léon Sazie (1862-1939) est un auteur connu à son époque pour avoir créé deux personnages : Martin Numa dont la première aventure est celle dont je parle aujourd’hui, parue en 1907 ; suivront une douzaine de titres et le malfaiteur Zigomar en 1908, anti-héros prêt à tout même à vendre ses services aux Allemands, ce qui à l'époque est la pire des compromissions.

Mais revenons à Martin Numa, qui est doté d'à-peu-près toutes les qualités, c'est pas compliqué, on dirait moi angel. Contrairement à ce que je croyais au début, l'enquête n'est pas si simple que cela ni menée trop vite, comme d'autres titres de cette époque. Numa raisonne comme un célèbre détective d'outre-Manche, chaque détail est vu, scruté, analysé. Il ne s'engage jamais dans une action sans jauger sa capacité à en sortir. Tout est bordé, planifié et Prosper et Philippe guettent. Si je fais fi des "Martin Numa" à la pelle, à toutes les lignes quasiment pour rappeler combien il est grand et fort, d'un lyrisme désuet et un tantinet marrant : "L'égoutier, alors, s'engagea dans l'ouverture, et s'enfonça sous terre. Il ne portait pas de lanterne, lui. C'est dans la nuit, donc, qu'il allait s'avancer. Il devait marcher dans les ténèbres, au-devant d'un ennemi prévenu. C'était un acte non seulement de sang-froid, de courage, mais d'héroïsme. Qu'on y réfléchisse une minute... qu'on voit cet homme descendant, seul, dans un souterrain qu'il sait aux mains de ses ennemis... Il va dans la nuit, seul, au-devant du danger inconnu, mais certain, au-devant du péril ignoré, mais immanquable !... Il marche résolument, froidement au-devant du coup de revolver à bout portant, du coup de couteau dans le dos... de l'assassinat impitoyable. Et cependant, pas une seconde d'hésitation chez lui. Il refuse tout concours. Plus le danger est grand, plus la mort est proche, il tient à être seul pour accomplir cet héroïque devoir. Cet homme merveilleux est, on l'a déjà deviné, notre ami Martin Numa..." (p. 82)

Donc, si je fais fi de tout cela, eh bien, j'ai pris plaisir à lire ce roman policier, sauf qu'arrivé à la fin, eh bien ce n'est pas la fin, il y a une suite...