Betty D.

Soir de fête
par (Libraire)
17 août 2019

Viol en ruralité

Roman enquête, roman familial, roman social, « Soir de fête » explore une troublante coïncidence de faits déroulés le dimanche 27 août 1922 dans un petit village beauceron, jour du bal annuel. Les jeunes gens attendent et s'y préparent, se réjouissent d'avance. Neuf mois après, le grand-père de l'auteur naît de père inconnu. La situation est identique dans trois autres familles. Les filles ne disent rien., elles ne savent pas ou plus, redoutent la honte autant que le silence. Pères et mères décident pour elles et leurs enfants. À presque un siècle d'intervalle, les deux journalistes s'interrogent et interrogent les relations non consenties, la faiblesse des unes, la vantardise et la force des autres. Que signifie le terme « viol », quelle différence entre la société rurale de 1922 et celle d'aujourd'hui ? Quels avancements déployés ? À quel moment entendra-t-on la parole de la jeune fille et celle de la femme violentées ? À qui accorder sa confiance ? Comment aimer ? Le regard de la société et l'opprobre ont-ils évolué ?

Une histoire de France
par (Libraire)
2 août 2019

Une histoire d'enfance

Un premier roman qui laisse perplexe, remué, secoué. Le lecteur pénètre au cœur d'un monde de silence, d'ennui et de détresse. Derrière le silence, des apparences lisses, un monde autoritaire fermé, se cache aussi le sordide, l'infâme, la violence, l'humiliation. Chaque page, chaque mot désignent la calvaire de cette enfant devenue un sujet sexuel à neuf ans, meurtrie et désemparée. Une ville de garnison militaire dans toute sa banalité et son effroyable ennui. Le sexe est partout. Omniprésent, comme si les corps ne semblaient se mouvoir et ne vivre que pour cela. Il y a les retours de missions guerrières et les magasins de lingerie plus nombreux que nulle part ailleurs. Au milieu de tout cela, de ce microcosme militaire, une fillette, Romy, et la voisine, France. L'épouvante commence.

L'arbre d'obéissance
par (Libraire)
2 août 2019

Là-haut, sur la colonne

Exercice littéraire brillant autour de la radicalité des croyances religieuses en la personne de Syméon le Stylite saisi d'ascétisme rigoureux et inébranlable au IVe siècle en Syrie. Dans sa ferveur et son mutisme, dans un acte d'extrême obéissance à Dieu, assis perché en haut d'une colonne de 18 mètres, il devient aussi le sujet d'admiration et de compassion d'une foule de croyants apeurée et craintive de la colère divine. Avec une bienveillante ironie et par le truchement et le verbe de Théodoret de Cyr, théologien, historien contemporain de Syméon, Joël Baqué délivre une réflexion sur l'abnégation de soi, sur le doute, la crédulité et les croyances aveugles et aveuglantes, sur les faiblesses proprement humaines et salvatrices.

GIRL

O'Brien Edna

Sabine Wespieser Éditeur

21,00
par (Libraire)
2 août 2019

Survivre, vivre.

Roman magistral saisissant de vérités et de poésie mêlées. La violence des hommes faite aux femmes, aux jeunes femmes, emportés dans une folie possessive et meurtrière, sous couvert de religion et de dogme. L'histoire d'une lycéenne survivante d'un enlèvement, de massacres et de viols répétés, avide de liberté et d'apaisement au cœur de sa propre communauté mais rejetée et bafouée parce que souillée, meurtrie, parce qu'elle est une fille, parce que les malheurs proviennent des femmes, parce qu'il est plus facile de reporter ses peurs et ses culpabilités sur celles qui ont survécu. Il est plus facile de bannir les vivants que les morts, toute superstition mêlée. Le silence semblerait préférable à la parole. On continue de se protéger en ne sachant pas. Maryam à l'instar d'autres personnages d'Edna O'Brien combat à sa façon. Elle n'est pas résignée, elle est et demeure avec sa force intérieure, aussi fragile qu'invincible alternativement. Un magnifique combat inlassable que mène l'auteure à travers ses romans.

La Mer à l'envers
par (Libraire)
2 août 2019

De l'un à l'autre

Roman à multiples facettes, aussi réjouissant que tragique. Réjouissant par le style pétillant et ironique propre à l'auteure qu'elle glisse aisément dans un sujet dramatique et la tragédie de la situation lors du sauvetage d'un bateau de migrants.
À travers le personnage de Rose et de sa mignonnette famille « boboïsante », Marie Darrieussecq interroge notre rapport à l'autre, fait éclater les bulles bien-pensantes, notre facilité à s'accommoder quotidiennement de tragédies supposées lointaines et pourtant toutes proches. Que signifie accueillir l'autre, accompagner, aider ? Avec habileté et sans poncifs, elle questionne nos sociétés installées, ultra-consommatrices, ultra-riches et individualistes. Que se passe-t-il précisément lorsqu'un zodiac empli d'humains chargés d'espoirs et sans bagage chavire aux côtés d'un paquebot de luxe empli d'humains chargés de désespérance et de valises pleines? Et si un téléphone mobile, objet d'excès et de convoitise pouvait faire le lien ?