Le Grand royaume des ombres

Le Grand royaume des ombres

Arno Geiger

Gallimard

  • par (Libraire)
    7 décembre 2019

    Coup de coeur de SOPHIE


    1944, le caporal Veit Kolbe est blessé sur le front russe, après un bref séjour chez ses parents à Vienne il décide de poursuivre sa convalescence à Mondsee
    dans les Alpes autrichiennes d’où il nous raconte ses états d’âmes et ses rencontres dans ce « cocon » loin du front ...
    Auteur autrichien reconnu, Arno Geiger avec cette histoire nous propose une autre perspective
    sur le conflit mondial, il s'intéresse à l'arrière avec l'insertion au récit de lettres émanant de personnes civiles comme la mère de sa voisine, Kurt un étudiant, et Oskar un juif …
    Roman dense et riche tant sur le plan de l'écriture que pour le sujet qui nous révèle comment la population autrichienne va progressivement passer de la victoire à la défaite ….


  • par (Libraire)
    2 août 2019

    Vivre au crépuscule

    Ce roman déploie un point de vue inattendu et singulier sur la seconde guerre mondiale. Il se place en Autriche dans ce grand royaume des ombres qu'est le IIIe Reich. Veit, le personnage central du roman est un jeune soldat de 24 ans qui après avoir été blessé sur le front russe est en convalescence. Il se met en retrait de la guerre dans une petite bourgade, entre lac, montagne et vie rurale. De fin 1943 à fin 1944, c'est le tournant, le temps du recul, le temps de la défaite qui s'annonce. Veit pressentant cette fin n'a d'obsession que de ne pas retourner sur le front À l'abri des combats mais pas de la menace qui gronde au loin, la vie s'écoule malgré tout et l'amour survient, fragile et incertain lui aussi. Alors que les personnages évoluent dans un paysage magnifique de montagne, l'ambiance crépusculaire de défaite, de menace permanente et de bombardements assombrit les esprits, le tout sous le regard désabusé, acide, critique et hostile que porte Veit sur le régime nazi. Arno Geiger offre une qualité narrative et stylistique d'une tenue remarquable. L'épaisseur de la construction, la profondeur des propos, l'incarnation des personnages, leurs sentiments, leur relation, leur complexité engage le lecteur comme un alpiniste sur une face nord, en avançant lentement mais sûrement sans jamais décrocher de la paroi : tout la qualité narrative invite à atteindre le sommet romanesque. Et au passage, sans dévoiler plus avant, on y rencontrera une logeuse acariâtre, un jardinier brésilien, une jeune fille se volatilisera sans explication et un meurtre sera commis !