Annie Ernaux, 'Mémoire de fille', une lecture inépuisable

Annie Ernaux, "Mémoire de fille", une lecture inépuisable

« Mémoire de fille » est un récit d'une incroyable richesse, d'une grande profondeur dont les strates multiples offrent une lecture inépuisable, ce que souligne la diversité des critiques dont nous vous proposons de découvrir quelques extraits.
Plus largement, l'oeuvre d'Annie Ernaux, aujourd'hui étudiée dans les départements de littérature comparée de nombreuses universités françaises et étrangères, influence de nombreux auteurs, parmi lesquels Olivier Adam et Emmanuel Carrère.

POUR LA PRESSE ECRITE : UN TEXTE CAPITAL :

"C'est un livre court, à peine 150 pages, dont on pressent dès les premières lignes, incisives, qu'il s'agit d'un texte capital. Avant de l'ouvrir, on imaginait pourtant que l'essentiel de l'oeuvre d'Annie Ernaux était déjà publié et que l'écrivaine était parvenue avec les Années au sommet de son art. Mais voici « Mémoire de fille », « le texte manquant, toujours remis », la cheville qui permet d'assembler parfaitement le tout. Un récit d'une vertigineuse richesse, connecté aux deux sources d'inspiration d'Annie Ernaux : ses expériences liées à la sexualité et sa veine sociale, fondues dans la même « mémoire humiliée »."
Marie Chaudey, "La Vie", 30/03/2016

"L'écrivaine Annie Ernaux, pionnière des textes autobiographiques, revient dans "Mémoire de fille", un récit magnifique et bouleversant, sur l'été de ses 18 ans, en 1958, moment de honte et d'humiliation."
« L'express », 31/03/2016

"Au-delà des faits relatés, singuliers, personnels, Mémoire de fille est une formidable leçon sur la mémoire, une leçon sur la conscience de soi, sur la possibilité de la saisir, d’en faire le récit et de lui donner un sens. Car entre les événements, les faits qu’elle raconte, l’écrivain s’interroge sans cesse, de façon magnifique et poignante."
Eléonore Sulser, « Le Temps, » 01/04/2016

"De la honte, il est question, dans « Mémoire de fille » – « une honte de fille » dont le texte restitue admirablement le contexte, les étapes, l'intensité inouïe, tout ce sur quoi l'écrivain a longtemps achoppé. […] C'est tout cela qu'il s'agissait de dire dans ces pages remarquables, parfois très âpres. Affronter ce moment de réel et ses conséquences."
Nathalie Crom, « Télérama », 29/03/2016

Aujourd’hui, avec l’extraordinaire Mémoire de fille, si juste et si troublant, elle se collette à cette époque matricielle que, dans le même passage de son journal, elle qualifiait d’« abîme ».
Raphaëlle Leyris, « Le Monde », 30/03/16

DANS LES MEDIAS AUDIOVISUELS, UN LIVRE MAGNIFIQUE, D'UNE INFINIE RICHESSE MAGISTRAL :

Dans "La Grand librairie" diffusée le 14 avril 2016, François Busnel fait part de son enthousiasme :
« C'est un livre génial sur la mémoire, c'est un livre superbe sur la rencontre entre deux femmes, celle d'aujourd'hui et celle qu'elle fut, la fille de 1958. La jeune fille qui va fêter en 1958 ses 18 ans. Qui arrive l'été comme monitrice dans une colonie de vacances. Et au cours de cet été 58, elle tombera amoureuse d'un homme. »

Dans l'émission « Le Masque et la plume » animée par Jérôme Garcin et diffusée sur France Inter le 24 avril 2016, l'ensemble des critiques souligne la beauté de « Mémoire de fille ». Extraits :

« C'est un livre absolument magnifique. Cela fait très longtemps que je n'ai pas lu un livre aussi beau et aussi juste. […] Ce livre me parle à toutes les pages. […] C'est éblouissant ».
Olivia de Lamberterie, "Elle", in "Le masque et la plume", France Inter, 24/04/2016

« C'est un livre d'une infinie richesse. […] La façon dont [Annie Ernaux ] objective les choses est tout à fait passionnante. […] C'est un livre d'une très grande richesse avec plein de strates et de réflexion, littérairement c'est parfait ; c'est un très beau livre. »
Jean-Claude Raspiengeas, "La Croix", in "Le masque et la plume", France Inter

« Et bien voilà un écrivain ! On peut parler d'oeuvre sur l'ensemble de ce qu'elle a publié.
Chapeau ! »
Jean-Louis. Ezine, "Philo-Mag", in Le masque et la plume, France Inter

« C'est un extraordinaire livre. Jamais un auteur ne m'a fait un effet pareil. Depuis « La place » on voit qu'Annie Ernaux a une façon tout à fait unique de composer son tableau autobiographique. Une conjugaison du monde social et de l'intimité du désir : et ça, c'est quand même très fort. »
Michel Crépu, "La NRF", Le masque et la plume, France Inter

Dans l'émission « La Dispute », animée par Arnaud laporte et diffusée le 08 avril 2016 sur France Culture, les critiques Elisabeth Franck Dumas et Laurent Nunez éclairent l'intensité de « Mémoire de fille » de leurs riches avis. Extraits :

Ces lignes sont bouleversantes. […] Ce petit miracle qui s'accomplit dans les meilleurs livres d'Annie Ernaux est que l'expérience intime a toujours une portée universelle, qu'il y a toujours quelque chose qui se partage et que plus c'est intime, plus [Annie Ernaux] descend à l'intérieur d'elle-même, plus cela devient universel. [...]
Il y a une économie de mots, des choses très fortes qui sont dites au détour de phrases.
C'est absolument magnifique. […] Il y a quelque chose en effet de très harmonieux entre notre expérience de lecture et ce qu'elle a vécu. C'est un écrivain d'une extraordinaire maîtrise.
Elisabeth Franck Dumas, journaliste à « Libération »

J'ai vraiment été impressionné par ce livre d'Annie Ernaux. […] Ce qui est vraiment intéressant c'est qu'Annie Ernaux cherche à comprendre comment on peut parler de soi alors que ce que l'on va raconter est si éloigné, qu'en fait on n'est même plus le personnage. Je trouve qu'elle réussit d'une manière vraiment bouleversante.
[…] Je crois qu'elle est arrivée à un niveau magistral, complètement. […] Elle créé quelque chose de fascinant. […] Annie Ernaux n'est absolument pas égocentrique, elle écrit sur une génération […] elle arrive à généraliser au très bon sens du terme
Laurent Nunez, journaliste

UNE INFLUENCE SUR UNE GENERATION D'ECRIVAINS :

Son nouveau livre, « Mémoire de fille », nous plonge dans l’été 1958 et le moment où sa vie a basculé. L’occasion de mesurer l’importance de l’œuvre d’Annie Ernaux, et comment elle aura marqué des auteurs comme Edouard Louis, Virginie Despentes, Emmanuel Carrère ou Didier Eribon.
Une œuvre qui a marqué son temps, des années 1970 à aujourd’hui, et impressionné, même influencé une plus jeune génération d’écrivains. “Très forte admiration, qui n’a cessé de grandir au fil du temps”, nous confie Emmanuel Carrère. […] J’admire la forme qu’elle a inventée, mixant autobiographie, histoire, sociologie, poursuit Carrère. L’interrogation inquiète sur sa situation de transfuge, venue du monde des dominés, ayant rallié celui des dominants. La fidélité aux siens, la fidélité à soi. La dépersonnalisation progressive, jusqu’à ce que disparaisse le ‘je’, dans Les Années – livre que je dois avoir lu trois ou quatre fois depuis sa parution, à chaque lecture plus impressionné par sa justesse, son ampleur et, je ne vois pas d’autre mot, sa majesté. Un des quelques grands livres, indiscutables, de la littérature aujourd’hui et, à titre personnel, un livre dont j’aimerais bien tirer la leçon, prendre de la graine.”
Nelly Kapriélian, "Les Inrocks", 29/03/2016

{Annie Ernaux] invente une façon d’écrire, elle propose quelque chose de tout à fait nouveau, de révolutionnaire. Ses livres sont aussi puissants parce qu’elle propose une nouvelle image de ce que construire un livre veut dire.
Edouard Louis, in « Telerama », 19/07/2014

Olivier Adam dit que ses romans, notamment «la Honte», où elle raconte son enfance dans l'épicerie-mercerie-café de ses parents, à Yvetot, l'ont renseigné sur son malaise à lui et ses «empêchements». in « Le Nouvel Observateur », 26/09/2012

« Annie Ernaux devrait figurer dans le cursus des lectures obligatoires de tous les collèges français ». Nancy Huston, in "La grande librairie", 24 avril 2016.

Mémoire de fille
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«J’ai voulu l’oublier cette fille. L’oublier vraiment, c’est-à-dire ne plus avoir envie d’écrire sur elle. Ne plus penser que je dois écrire sur elle, son désir, sa folie, son idiotie et son orgueil, sa faim et son sang tari. Je n’y suis jamais parvenue.» Dans Mémoire de fille, Annie Ernaux replonge dans l’été 1958, celui de sa première nuit avec un homme, à la colonie de S dans l’Orne. Nuit dont l'onde de choc s’est propagée violemment dans son corps et sur son existence durant deux années. S’appuyant sur des images indélébiles de sa mémoire, des photos et des lettres écrites à ses amies, elle interroge cette fille qu’elle a été dans un va-et-vient implacable entre hier et aujourd’hui.
Annie Ernaux est l’auteur de seize livres aux Éditions Gallimard, parmi lesquels La place (prix Renaudot 1984), Passion simple et Les années. Ses livres ont été réunis dans un recueil intitulé Écrire la vie.