Chaque Livre E.

Couleurs de l'incendie
28 février 2018

Enfin le deuxième volet de Pierre Lemaitre qui fait suite au formidable Au revoir là-haut Faut-il l’avoir lu pour se plonger dans celui-ci? Assurément non!
Certains regretteront que ce ne soit pas une réelle suite mais se délecteront à nouveau du phrasé de ce conteur hors-pair.
L’ambiance est celle du Paris quelque peu mondain de l’entre deux guerre: avalanche de coup tordus, un peu de séduction et beaucoup de magouilles dans un milieu d’affaires qui résonnent étrangement encore avec notre époque !
Les personnages sont haut en couleurs, travaillés en profondeur et campés comme dans le Monte-Cristo de Dumas , ou bien croqués comme Hergé. Les lecteurs les plus mélomanes auront même la bande son de cette histoire en tête!
La recette de ce roman: rancunes, colères, vengeance, scandales en tout genre.
Les intrigues sont multiples et s’entrecroisent! Quelle incroyable imagination de Pierre Lemaitre encore pour les tricoter !
Il faut un peu de temps devant soi pour le dévorer car c’est un livre qui ne se lâche pas! Une très grande réussite! Et vite, le 3eme volet!

Mes pas vont ailleurs, Prix Femina Essai 2017

Prix Femina Essai 2017

Stock

19,50
28 février 2018

Comment ne pas être sensible au parcours et à la vie de Victor Segalen ?
Avec une écriture d’une grande richesse évocatrice, poétique souvent, Jean-Luc Coatalem nous ouvre les chemins d’une histoire originale et surprenante d’un personnage hors-normes peu connu, et confessons-le, peu connu aussi des brestois comme moi, aujourd’hui.
Jean-Luc Coatalem utilise le vous à la manière de Michel Butor. Une marque de respect donc, même s’il a fouillé sa vie! On découvre un auteur proche de son sujet comme des lecteurs peuvent se sentir proche de leurs auteurs favoris! Segalen donc, médecin militaire écrivain voyageur opiomane, aimé par deux femmes, se suicide dans la forêt du Huelgoat, son repère, et devient acteur de son mystère. Les références shakespeariennes ponctuent intelligemment la narration, on comprendra pourquoi... Le livre fourmille d’informations qui signe un très gros travail de recherche.
L’auteur se fait passeur de Segalen. Ce n’est pas une biographie mais une vision de l’homme. Pour le style le prix de la langue francaise lui a été décerné et le prix femina essai 2017 a été attribué à ce livre qui se dévore comme un roman. Prix justifiés.
J’ajouterai que cet ouvrage peut être mis en perspective avec Gabriële de Anne et Claire Berest: ces livres montrent que d’autres vies tout aussi incroyables ont été vécues à la même époque par nos grands écrivains et artistes !

Me voici
24,50
28 février 2018

Quelle imagination dans ce long livre de Jonathan Safran Foer, très bavard pour ne pas dire logorrhéique.
Nous sommes ici témoin d’une vie de famille juive qui oscille entre engueulades, rabibochages, accords et désaccords. C’est plein de discussions intimes fleuves, plein de fameuses « hyperboles israéliennes » ! Ça déménage et ça canarde! On assiste aussi à un florilège d’humour juif! (enfin, si c’est ça l’humour juif?)
De jeux de mots en dialogues savoureux parfois absurdes, Foer soulève mine de rien les questions essentielles de l’existence et pose un regard critique sur l’impact de la Shoah, les rituels, attentes, recommandations et commandements juifs sur ce peuple traumatisé.
A travers l’histoire des personnages de cette famille, il s’agit presque d’un essai sur l’éducation juive et le judaïsme, qui nous éclaire aussi sur le sentiment de judéité .
Beaucoup de longueurs à mon goût dans les derniers chapitres mais quel souffle jusqu’au bout avec cette fin « déchirante » et sacrément sensible.

Les hautes lumières
28 février 2018

Ah le désir d’enfant, le besoin d’être mère! Xavier De Moulins fait le pari de faire parler une femme, et c’est plutôt réussi. Devenir mère et tout faire pour le devenir, voilà un sujet de notre époque. Ici la détresse tourne au drame, mais ce n’est pas le drame auquel on pense! Pas que...
Certes tout va un peu vite dès le départ, toutes les situations trouvent une issue rapide mais à chaque chapitre ou presque le roman s’intensifie, prend une nouvelle direction, et devient addictif !
Bien écrit, dans un style assez nerveux, avec des mots qu’on sent choisis, l’histoire est extrêmement bien ficelée. Xavier De Moulins signe un roman inspiré de situation vraies. On verrait bien un film aux couleurs incandescentes du Maroc naître de ce texte. Une réussite.

Redites-moi des choses tendres
21,90
28 février 2018

Je ne vais pas en dire trop. Simplement: nous sommes les spectateurs privilégiés d’une famille qui se disloque, d’un couple qui se sépare et d’enfants qui partent en sucette ! Les personnages sont tellement bons et réalistes qu’on se régale même de leur médiocrité.
L’auteur s’amuse et nous communique sa joie d’écrire pour notre plus grand plaisir de lecteur.
On assiste à un feux d’artifice d’expressions savoureuses au vocabulaire tellement imagé et novateur que même au cœur du drame les bons mots jaillissent ! L’auteur se tient à l’écart de la vulgarité alors que le risque de déraper est constant. L’histoire est somme toute assez longue mais on ne s’ennuie vraiment pas.
C’est assez jouissif de vous lire, Monsieur Soluto !